Pourquoi la tenue des chasseurs comporte-t-elle du fluo ?

 La tenue de chasse comporte, outre un treillis de camouflage vert, des accessoires orange fluo.

Une particularité liée à la vision animale du gros gibier, qui n'est pas sensible à cette longueur d'onde.

 La tenue orange fluo des chasseurs est en effet intrinsèquement liée à la vision des couleurs par le gibier, et notamment aux types de protéines synthétisées par les photorécepteurs (cônes) de la rétine. 

 Les opsines, sont les protéines de la vision en couleur.

Car côté vision, toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne ! 

La vision passe en effet par deux types de photorécepteurs rétiniens : les bâtonnets, impliqués dans la détection des mouvements et la vision nocturne, et les cônes, sensibles aux couleurs.

 Mais les yeux sont sensibles à plus d'une seule couleur ! La traduction de l'onde lumineuse en un signal électrique interprétable par le cerveau est assurée par des protéines appelées opsines. Or, ces opsines existent sous plusieurs versions distinctes, sensibles à différentes longueurs d'onde. Chez l'homme, on retrouve cette protéine sous trois versions : l'opsine S (pour short), qui présente un maximum d'absorption à 420 nm, soit dans le bleu, l'opsine M (pour middle) qui présente un maximum à 530 nm, soit dans le vert, et enfin l'opsine L (pour long),sensible à l'orange-rouge à environ 560 nm. On parle de trichromatisme (trois couleurs).

 Mais toutes les espèces ne disposent pas de la même palette !

Alors que certaines espèces d'oiseaux (par exemple certains passereaux) disposent d'une quatrième opsine supplémentaire les rendant sensibles aux ultraviolets, la plupart des mammifères ne disposent que des versions S et M de la protéine. Le résultat : une vision dichromatique des couleurs, basée sur le bleu et le vert, à l'exclusion des nuances de rouge. C'est le cas de beaucoup de mammifères, dont le sanglier !

 Mais pas de certains primates, dont l'homme, à la faveur d'une mutation sur le gène codant l'opsine M, ayant engendrée par duplication un nouveau gène, codant l'opsine L. Cette mutation serait intervenue il ya entre23 et 40 millions d'années. 

Autrement dit, si le chasseur sait distinguer l'orangé, ce n'est pas le cas du sanglier, qui le voit comme une couleur terne. Certains mammifères (comme le renne arctique par exemple) sont toutefois également sensibles aux UV, le plus souvent via des mutations génétiques complexes sélectionnées par l'environnement.

 Être vu des autres chasseurs... mais pas du sanglier !

Par souci de sécurité les chasseurs s'équipent de vêtements et d'accessoires fluo afin  de pouvoir bien se voir et s'identifier entre eux.

C'est pour cette raison que la plupart des directeurs de battues, exigent qu'au moins une touche de fluo, si possible "orange", soit visible sur chacun des chasseurs.

Ainsi, le grand gibier n'identifie que la couleur verte et kaki du chasseur qui se (con)fond dans les couleurs naturelles du paysage environnant. Son équipement fluo, on vient de le voir, n'est quant à lui pas perçu distinctement de son camouflage.  Le gibier ne peut donc distinguer son prédateur humain de l'environnement... mais bien les chasseurs entre eux.

 Quid de la LESSIVE ?

Laver ses vêtements de chasse risque de rendre le chasseur plus visible.

Les lessives et détergents classiques tous issus de la pétrochimie contiennent entre autres des azurants optiques, qui absorbent les UV et les ré-émettent par fluorescence dans le bleu. Et c'est bel et bien ce que perçoit le gibier.

 La solution pour ne pas être repéré ?

Laver son équipement de vêtements avec des lessives liquides issues de produits naturels, sans agents azurants. Parmi ces lessives liquides naturelles, on compte la lessive liquide "Neutre", non parfumée, à base de savon d'Alep Vital&Care.

Bien dissimulé mais tout propre dans son équipement , ainsi lavé, le chasseur ne sera ni vu ni senti !